Le Moulin Rouge : l'amour en chansons

Au cinéma la musique joue souvent un rôle essentiel. Elle permet d'instaurer une ambiance, de faire ressentir diverses émotions mais elle permet même aussi parfois aux personnages de communiquer entre eux. La comédie musicale Moulin Rouge en est une parfaite illsutration. 

Tragi-comédie musicale de Baz Luhrmann sortie en 2001 avec pour directeur musical Marius De Vries, Moulin Rouge raconte l'histoire d'une romance se déroulant à Paris dans le quartier de Montmartre entre Christian, un écrivain venu en France pour l'esprit de bohème très présent à cette époque et Satine une courtisane du célèbre cabaret « Le Moulin Rouge». Dans ce film dont l'action se déroule en 1899, la musique est omniprésente. Le thème principal de cette comédie musicale est la chanson Your Song d'Elton John, une chanson d'amour au pouvoir aphrodisiaque.

Le film débute par le titre Nature Boy interprété par David Bowie mais écrit par Ella Fitzgerald. La chanson permet une présentation du personnage de Christian et contient la phrase directrice du film « The greatest thing you'll ever learn is just to love and be loved in return » en français (« La plus plus belle chose que l'on puisse apprendre est d'aimer et d'être aimé(e) en retour »). Message du film, la phrase nous suit durant toute la comédie romantique.

Le Moulin Rouge est un célèbre cabaret de Paris où les hommes viennent se divertir auprès de chanteuses et danseuses de French Cancan. Un esprit de fête y résonne grâce aux chansons Lady Marmalade de Christina Aguilera, P!nk, Lil'Kim et Mya mélangée avec la chanson Because We Can de Fatboy Slim qui joue sur la répétition du verbe can afin de former le mot cancan. Dans ce medley les femmes sont présentées par la chanson Lady Marmalade et s'appellent «sisters» et se décrivent comme des femmes indépendantes et non des prostituées (« We independent women, some mistake us for whores »). De leur côté,  les hommes sont présentés par la chanson Smells Like Teen Spirit de Nirvana qui se mêle au medley. Ce sont les clients du Moulin Rouge et ils viennent pour se distraire « Here we are now, entertain us ; I feel stupid and contagious» ( "Nous sommes ici maintenant, distrayez-nous ; je me sens stupide et contagieux" ).

Au cours de la fête apparaît la chanteuse phare du Moulin Rouge, Satine surnommée «The sparkling diamond» soit le diamant étincelant et incarnée par Nicole Kidman. L'actrice interprète la chanson Sparkling Diamonds qui représente bien son personnage est aussi connue sous le nom de Diamonds Are A Girl's Best Friend  et chantée alors par Marilyn Monroe. Pour cette femme qui n'a connu que le cabaret et qui considère le Moulin Rouge comme sa maison, l'argent et les diamants sont plus importants que les sentiments « Cause we are living in a material world and I am a material girl» ( "Parce que nous vivons dans un monde matérialiste et je suis une femme objet" ).

Satine se sent en réalité enfermée dans le Moulin Rouge. Ce sentiment d'emprisonnement est symbolisé par l'oiseau qu'elle garde en cage dans sa loge et de la chanson qu'elle interprétera plusieurs fois One Day I'll fly away (Un jour je m’enfuirai). Nicole Kidman chante le titre seule une première fois puis à plusieurs reprises avec Ewan McGregor qui joue le rôle de Christian.

Satine est une courtisane et Christian un écrivain sans revenu : leur amour semble donc impossible. C'est à ce moment qu'intervient le medley qui permet à Christian de séduire Satine. Ce mélange de chansons d'amour cultes permet un dialogue entre les deux protagonistes. C'est tout d'abord Christian qui chante de courts passages des chansons All you need is love des Beatles ; I was Made for Lovin' You du groupe Kiss ; Pride (in the name of love) de U2. A ces extraits Satine répond en parlant puis à partir de la chanson Don't leave me this Way de Communards, elle s'oppose toujours à cette relation mais en chantant cette fois-ci. C'est le début d'un rapprochement entre les deux personnages. On retrouve cette même petite complicité avec le titre Up Where We Belong de Joe Cocker. Puis grâce à la chanson Heroes de David Bowie, Satine se laisse séduire et chante avec Christian. Le medley se termine par le duo qui interprète les titres I Will Always Love You de Whitney Houston et bien évidemment Your Song d'Elton John.

Durant le film leur amour se voit confronté à plusieurs épreuves et c'est là qu'intervient la chanson Come What May (Quoiqu'il arrive) avec son refrain dans lequel les amants se disent qu'ils s'aimeront jusqu'au jour de leur mort « I will love you until my dying day».

Des conflits apparaissent dans le couple, notamment à cause de la jalousie de Christian envers les clients de Satine ce qui introduit Roxane, l'une des chansons les plus célèbres du film, interprétée par José Feliciano et Ewan McGregor. Il s'agit d'un tango qui s'adresse via le personnage de Roxane (une prostituée) à Satine en lui disant qu'elle n'a pas à se vendre et faire le trottoir « Roxane, you don't have to put on that red light […] you don't have to sell your body to the night» ( Roxane tu n'as pas à t'éclairer de rouge [...] tu n'as pas à vendre ton corps à la nuit).

Le film se termine par un grand spectacle organisé par le cabaret devenu un théâtre. C'est un spectacle musical écrit par Christian et sa troupe d'artistes à l'esprit de bohème. Ce spectacle final est une représentation de l'amour de Satine et Christian sous la forme «Bollywood». (Le réalisateur aurait eu l'idée du film Moulin Rouge en Inde). L'organisation du spectacle nommé Spectacular Spectacular rencontre quelques contretemps mais Harold Zidler, le propriétaire et gérant du cabaret, ne cesse de répéter que le show doit continuer (The Show Must Go On) titre de la chanson du groupe Queen.

La chanson Hindi Sad Diamonds chantée par John Leguizamo, Nicole Kidman et Alka Yagnik sert de chanson finale à la représentation de la troupe. Elle reprend plusieurs titres et thèmes du film en ajoutant des chants et instruments indiens.

Le film se termine par sa chanson d'introduction Nature Boy. On y voit Christian taper sur sa machine à écrire son histoire avec Satine et terminer son roman par la phrase «The greatest thing you'll ever learn is just to love and be loved in return».

Ce chef d’œuvre s'inspire musicalement de beaucoup de genres musicaux différents : on passe du tango au rock et du rock au Bollywood. C'est ce qui fait la richesse du film. De plus de nombreux titres comme Lady Marmalade, ou encoreCome What May ont été composés seulement pour le film et ce sont les deux acteurs principaux, Nicole Kidman et Ewan McGregor, qui chantent eux-mêmes leurs chansons.

Ce film est à voir et revoir et sa bande originale à écouter et savourer.

Chloé RENUCCI

A consommer sans modération...

Pour mon premier article dans la rubrique"Musique", je suis allée à la rencontre des élèves de Schuman pour tenter de savoir ce que la musique représentait pour eux. Je vous propose donc un petit  tour d'horizon sur ce que peut apporter une mélodie de quelques minutes aux élèves de notre lycée. D'un point de vue général, pour certains, la musique c’est en soi quelque chose de plutôt sympathique. Elle peut rassembler tous les types d’instruments avec ou sans chanteur, on l'écoute sur le chemin du lycée ou dans les transports. Mais pour d'autres la musique, c'est bien plus et ils poussent la réflexion plus loin. C‘est bien plus qu’une musique, c'est un transmetteur de sentiments. On peut l'expliquer par les petites palpitations qui se nichent au fond de notre cœur, les frissons qui parcourent tout notre corps... A cela plusieurs raisons. Tout d’abord on peut parler de rêve . Des paroles, une mélodie, un rythme qui nous emmènent dans un autre monde , un monde qui correspond à chacun d’entre nous. Un monde qui pourrait nous sembler merveilleux. Ensuite, on peut associer une musique à un souvenir, elle peut ainsi nous faire naviguer à travers les différentes périodes de notre vie et nous remémorer nos moments de joie comme nos moments de chagrin. La musique a aussi la capacité de faire communiquer les gens entre eux sans forcément avoir à parler. Au cours de ma petite escapade à la recherche d’avis à propos de la musique, j’ai aussi eu droit à quelques petites anecdotes. Une élève m’a par exemple raconté qu’elle s’est mise en couple avec son petit ami grâce à une musique. La musique peut donc parler pour nous. La musique peut également communiquer des émotions comme la tristesse, la joie, la nostalgie par un simple tempo. Elle peut faire comprendre des choses entre des personnes qui n’ont pas forcément les mêmes moyens de communication, par exemple ne parlant pas les mêmes langues. La musique est un langage universel. Nous pouvons nous comprendre grâce à une mélodie. La musique regorge de merveilles : il ne faut donc pas hésiter à l'utiliser en toute situation et ... sans modération!  

Hasna AIT JERMOUN

12 questions à Raphael Mercier, batteur de Mass Hysteria

Avec des groupes tels que Gojira, Dagoba, Lofofora ou encore de plus "classiques"  comme Trust ("Antisocial ! Tu perds ton sang-froid !"), la France abrite une importante scène metal. Parmi eux, Mass Hysteria, un groupe de metal qui affiche près de 25 ans d'existence avec douze albums (dont quatre live) à son actif. Se distinguant notamment par des paroles en français et une instrumentalisation puissante, ce groupe bénéficie d'une reconnaissance importante parmi les fans de metal principalement en France mais également dans le reste du monde. Aujourd'hui, le Journal des Lycéens vous propose en exclusivité une interview de Raphael Mercier, batteur de Mass Hysteria depuis 1994.

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Photo utilisée avec l'autorisation de Raphael Mercier

  Journal des Lycéens : Bonjour Raphael, premièrement merci d'avoir accepté notre invitation. Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, pourrais-tu nous présenter Mass Hysteria en quelques mots ? Raphael Mercier : On est un groupe de metal, même si on fait un peu "plus que du metal". On a un style avec des machines, un peu industriel, qui a un côté très dansant aussi, avec des paroles chantées en Français et des textes engagés, même si je n'aime pas vraiment ce mot parce que on ne sait pas trop ce que ça veut dire, "engagé"... Donc on a des textes qui parlent de la vie de tout le monde, de la vie en général tout en essayant de rester positif. On joue quelque chose d'assez différent de ce qui se fait dans le metal, avec une voix certes puissante mais pas trop lyrique et pas trop "death" non plus. Au départ les gens appelaient notre musique du "groove metal machine" et je trouvais ça plutôt cool comme définition. JDL : Donc tu es dans ce groupe depuis maintenant près de 23 ans, t'est-il déjà arrivé d'avoir des difficultés à le suivre ? Ou au contraire as-tu toujours pris ton plaisir à être sur les routes ou en studio ? RMPour l'instant on n'a jamais eu de réelles difficultés malgré une période un peu moins cool à l'époque de l'album éponyme en 2005 mais c'était plus des problèmes que chacun avait de son côté que des problèmes de groupe. Sinon ça a toujours été sympa d'être sur les routes, en studio... Il y'a pire dans la vie ! *rires* Après il y'a forcément des moments où t'as moins envie que d'autres mais même si on est vraiment fatigué, quand on arrive au moment du concert on oublie tout ça et l'énergie est toujours là. Après, je trouve que le plus stressant pour moi, et je dis bien pour moi, c'est plutôt la période après la tournée où il faut se remettre à composer et que tu ne sais pas ce qui va sortir. Mais bon, je suis plutôt confiant pour le prochain album et je pense que toute l'énergie accumulée avec cette super tournée va être ressentie dans les morceaux. JDL : Et vous avez déjà une date en tête pour le prochain album ? RM : Alors pour l'instant je crois qu'on n'a pas un riff, enfin si, Yann (un des deux guitaristes du groupe, ndlr) doit sûrement en avoir quelques uns de côté. Là, je pense qu'on commencera à composer à partir d'octobre, et j'aimerais bien que ça sorte en 2018 mais ce n'est pas sûr, peut-être 2019... JDL : Après le carton de l'album L'Armée des ombres en 2012, Mass Hysteria a frappé encore plus fort il y a un peu plus d'un an avec Matière Noire qui a fait, je crois, l'unanimité chez vos fans, mais d'où vous vient toute cette puissance et cette hargne que vous transmettez avec le groupe ?

RM : Déjà merci, c'est gentil ! Après je ne sais pas... Ça ne s'explique pas. Premièrement on ne s'attendait pas à ce que l'album marche aussi bien, à avoir un tel accueil de la part des fans, même la tournée était complète presque partout. Franchement quand on avait reçu l'album masterisé et que je l'ai écouté pour la première fois, je ne savais pas du tout quoi en penser, si c'était bien ou si c'était naze, même si je trouvais qu'il y avait de bons éléments bien sûr. Mais par exemple le morceau "Plus que du Metala été une discussion sans fin car "t'imagines, si les gens croient qu'on pense être plus que du metal, qu'on se sent supérieur aux autres groupes...", alors que les paroles n'ont pas du tout ce sens ! Même chose pour "Vector Equilibrium": est-ce que les gens allaient adhérer à ce riff complètement thrash avec ce gros break au milieu... ? Et en fait oui, pareil pour "Chiens de la casse". En fait je pense que des fois il faut pas trop réfléchir et se dire que le public a un cerveau. Après dans tous les cas tu essaies de faire au mieux, avec ton niveau et ton expérience et tu vois si ça a plu, et dans ce cas ça a plu, donc. Donc on va essayer de frapper encore plus fort au prochain ou au moins aussi fort. Je sais pas si on y arrivera mais je suis plutôt confiant, après ce sont les gens qui jugent aussi. Il peut y avoir également une question de période : de très bons albums sont sortis au mauvais moment, et n'ont pas marché alors qu'ils auraient mérité de faire un énorme succès. Plein de facteurs peuvent rentrer en compte donc.

JDL : Tu joues d'autres instruments en dehors de la batterie ? RM : J'essaie péniblement de me mettre à la guitare. J'adore ça mais ce n'est pas facile à mon âge car j'ai tous mes réflexes de batteur, qui ne sont pas des réflexes de guitariste. Mais ça vient, ça vient... Après de toute façon c'est juste pour m'amuser, je ne compte pas faire un album solo non plus ! JDL : On remarque, assez logiquement d'ailleurs, que la voix de Mouss (Le chanteur du groupe, ndlr) a beaucoup évolué à travers les années, qu'elle s'est assez endurcie avec le temps. Dirais-tu que ton jeu personnel a également beaucoup évolué ?  RM : Pour la voix de Mouss je suis d'accord. Là je pense qu'il a trouvé le bon timbre, la bonne diction avec un côté rageux sans être trop vénère non plus. Donc je suis assez fan de sa diction et de ses textes, ils ne sont pas beaucoup en France à écrire comme ça, en dehors peut-être de Reuno de Lofofora et quelques autres. Donc ça, c'est une petite parenthèse. Sinon, quand on a commencé Mass, je sortais tout juste d'une école de batterie où je faisais huit heures de batterie tous les jours, avec du solfège et tous les types de musique. J'étais aussi dans d'autres groupes de metal donc je pense que j'avais déjà un bon niveau technique. Après, Mass m'a fait bossé d'autres choses, avec tout le côté machine, la puissance, le groove... À ce moment là, j'étais peut-être un petit peu perdu mais dans un sens pas vraiment non plus comme je continuais toujours à bosser. J'ai gagné beaucoup d’expérience en jouant de nouvelles choses. Du coup maintenant je re-bosse ce que j'apprenais avant Mass et je pense que mon jeu est en train d'évoluer à nouveau, donc je pense que j'en ai encore sous le pied pour la suite. Mais bon, je pense que c'est un peu comme le poker, il ne faut pas dévoiler toutes ses cartes tout de suite. Je n'ai pas ce truc de jeune musicien qui veut en mettre plein les yeux à tout le monde tout le temps histoire de dire "T'as vu je suis là, je sais faire ça..." quitte à tout mettre dans un morceau. Moi j'essaie de faire au mieux, en m'adaptant à ce qu'on me demande pour les morceaux. Il faut laisser de la place pour les autres, déjà que dans Mass c'est chargé, donc si tu rajoutes des trucs dans tous les sens tout le temps... Même pour moi, quand je vais voir des groupes super techniques et chargés comme Meshuggah, je vais être impressionné par les trois premiers morceaux mais ça va vite me soûler après. Et pourtant j'aime beaucoup les derniers albums, même si je n'écouterais pas ça en boucle. Je pense que c'est ce qui fait la différence avec les grands groupes de thrash comme Metallica, Slayer et Megadeth : ils ont des vrais compos avec des refrains qu'on retient, et je pense que c'est là que Metallica se démarque. Ce ne sont pas les meilleurs techniciens, même si James Hetfield est sûrement le meilleur guitariste au monde, mais ils ont des bons morceaux, qui sont bien structurés. Même moi, mon groupe préféré est sûrement AC/DC, et contrairement à ce qu'on peut dire, c'est vraiment dur à jouer. JDL : Justement avec quel groupe rêverais-tu de partir en tournée ? RM : En terme de première partie on a déjà joué avec Metallica, on a déjà joué avec Slayer, Korn, Rage Against The Machine... Après pour la rigolade, histoire de l'avoir sur le C.V., je jouerais bien avec Iron Maiden. Sinon j'aimerais bien jouer avec AC/DC bien sûr, mais si ça re-devient le "vrai" AC/DC. Kiss aussi... J'aurais adoré partir avec Pantera également. Sinon ça m'aurait bien fait déliré d'être une Ghoul (un membre du groupe Ghost, ndlr) pour un ou deux morceaux. Mais pendant qu'on parle de ça, quand on voit l'annulation de notre première partie de System Of A Down dernièrement... C'est compliqué de jouer avec les Américains, il y a beaucoup de choses que les gens ne savent pas. S'ils savaient vraiment comment toute l'organisation se passe, ils penseraient peut-être autre chose. JDL : Si tu devais n'écouter plus qu'un seul album, ce serait lequel ?  RM : Ah... Très dure comme question ! Je dirais peut-être un best-of alors, un best-of d'AC/DC, même si ça n'existe pas encore. Mais bon, sinon je ne peux pas te répondre, c'est impossible comme question, je ne peux pas sortir sans avoir mon IPod branché. Dès que je suis tout seul, je passe mon temps à écouter de la musique, ça fait du bien. Les gens devraient écouter plus de musique, il y aurait moins de problèmes dans le monde ! *rires* JDL : Et tu écoutes d'autres styles de musique en dehors du metal ?  RM : Oui, j'aime un peu tout. De toute façon quand tu es musicien, tu ne peux pas te cantonner à un seul style, il faut se tenir au courant de ce qui se passe. Bon, après, je ne te cache pas que je ne suis pas un grand fan de la musique française actuelle. Ah ! Il y a un truc que je n'aime pas, c'est la musique un peu "boboïsante" d'en ce moment; on va dire, ce truc que je déteste, cette "feel-good music", tu vois ? Je trouve ça prétentieux en plus. On regarde plus leurs fringues que ce qu'ils font, et puis c'est mou... C'est une musique où il ne se passe rien. Et il y en a même des festivals entiers ! Il faut prendre du Lexomil pour y aller... Oui sinon j'aime bien le vieux Hip-Hop américain, quelques trucs français (même si je ne suis pas trop fan des sons actuels avec de l'auto-tune au taquet), du Jazz, du Classique... J'adore Elvis Presley et les Beatles, j'aime bien la Britpop, le Classic-rock... JDL : Tu préfères jouer en salle ou en festival ? RM : Ça dépend. Avec les festivals, au niveau technique on a des pointures. Tu sais que tout sera nickel, avec beaucoup de son, qu'on s'occupera bien de toi, que la bouffe sera bonne, qu'il y aura du monde... Tu sais qu'il y a les moyens, qu'il faut que les artistes se sentent bien... "Artiste" je déteste ce mot, il faut savoir. Pour moi un mec qui construit une maison, c'est ça un artiste ! *rires* Sinon les salles, c'est une autre ambiance. J'aime beaucoup aussi parce que les gens ne viennent que pour toi, il n'y a vraiment que les fans avec toujours une vraie ambiance. On n'a jamais eu vraiment de date où l'ambiance n'était pas au rendez-vous, où il manquait un truc... En dehors bien sûr du 13 novembre 2015, où je dois dire que j'étais assez content de ne pas être à Paris, parce que si l'on avait pas été en tournée, je sais où je serais allé... On a perdu quelques amis dans l'histoire également... Après ça, tu ne peux pas t'empêcher d'y penser à chaque concert, on ne dirait pas comme ça mais en plus du stress habituel de la scène, il y a toujours un moment ou un autre où tu te dis qu'il peut y avoir un ou des timbrés qui débarquent. Mais pour revenir au sujet principal, les deux sont bien, oui. Je pense que les tournées seront ce qui me manquera le plus si le groupe devait en venir à se séparer. Les gens pensent que ça ne fait rien, que ça ne change pas grand chose, mais en réalité ça me manquerait vraiment. Si demain j'avais à aller retourner bosser dans une boîte, je pense que ce serait un peu compliqué... JDL : J'imagine que dans ton enfance tu n'imaginais pas que tu ferais partie d'un des groupes de metal les plus influents de la scène française. Tu avais d'autres projets d'études ?  RM : Ça fait assez cliché mais depuis que je suis tout petit j'ai toujours adoré taper sur des tambours en plastique ou toutes sortes d'objets que je trouvais. Quand mes parents partaient en voyage, ils me ramenait tout le temps un souvenir, genre une petite batterie de gamin, j'adorais ça. Quand j'avais 9 ans, je suis allé voir avec mes parents un truc qui existe peut-être encore aujourd'hui qui s'appelle le Grand Orchestre du Splendid, et il y avait deux batteurs et immédiatement j'avais flashé sur les deux batteries. Donc tout de suite après, j'ai dit à mon père que je voulais une batterie et j'ai eu de la chance car peu de temps après, j'en avais une. C'est aussi à cette époque là que j'ai commencé à flasher sur AC/DC et compagnie. A 12 ans, j'ai rejoint mon premier groupe, car j'étais le seul dans le coin à avoir un batterie (j'habitais à la campagne...), et les autres membres devaient avoir 18-20 ans. A mon âge, je faisais déjà des concerts et des répètes. Si tu veux, les études s'éloignaient... Et la batterie se rapprochait. Donc à cet âge, je voulais déjà devenir batteur et j'ai eu la chance de concrétiser ce rêve, de pouvoir en vivre et pas que ce soit seulement un hobbie comme pour beaucoup de gens. N'empêche, ça va faire 25 ans que ça dure, donc c'est plutôt pas mal ! JDL : Pour finir, tu aimerais donner un conseil aux personnes voulant se lancer dans la musique ? RM : Déjà bosser, être bon dans ce qu'on fait, s'accrocher, ce qui n'est pas forcément facile et ne pas se précipiter, car c'est bien beau de monter un groupe et d'avoir des millions de vues sur Youtube mais si t'es pas bon sur scène... ça ne durera pas ! Je pense qu'il faut faire les choses dans l'ordre : monter un groupe, répéter, écrire des chansons et essayer de démarcher, de trouver des concerts... Faire ses armes ! Et s'il y a un truc, ça finira par marcher.   Et encore un grand merci à Raphael pour nous avoir accordé de son temps !  

Hugo LEPINGLE