Le journalisme politique en questions...

Après notre passage sur le plateau de Télématin, nous avons rejoint les classes de cinq autres lycées de l' Académie de Créteil pour participer à un débat organisé dans le cadre de la Semaine de l'Éducation sur le thème du journalisme politique. Durant deux heures et demi, Thomas Snégaroff, historien et chroniqueur de l'émission C Politique sur France, Alix Bouilhaguet et Michel Dumoret (tous deux ex-journalistes politiques de la rédaction et producteurs de L'Émission politique sur France 2) ont répondu à des questions posées par des lycéens représentant chaque établissement présent et qui avaient été préparées en amont en classe.

  

Une vidéo de Brut intitulée Top 6 des confrontations entre politiques et journalistes (1’21) a lancé le débat qui s'est ensuite déroulé en deux temps. Tout d'abord, il s'est agi de définir les spécificités du journalisme politique et ensuite de voir comment on travaille dans un magazine d'information et comment se construit un magazine politique. Les journalistes présents sur le plateau ont rappelé que leur rôle consiste à communiquer avec les hommes  politiques et à transmettre des informations aux lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs de manière impartiale. Il est indispensable de  savoir manier l'art de la rhétorique et d’être le plus honnête possible. Les journalistes politiques ne doivent pas exposer leurs opinions et les interviews d' hommes politiques sont souvent plus difficiles à réaliser que celles d'autres personnes. Les politiciens ont des talents d'orateurs et il est parfois difficile de les pousser dans leurs retranchements.

Alix Bouilhaguet a par ailleurs souligné que l'exercice prolongé du métier de journaliste politique ne nuit pas à la qualité et à l'impartialité de l'information dans la mesure où, si des liens peuvent se tisser avec certains hommes ou femmes politiques, un journaliste politique sait différencier vie professionnelle et vie privée. Selon nos trois intervenants et deux de leurs supérieurs présents dans la salle, ils sont tout à fait indépendants et ne sont ni influencés, ni limités dans les sujets qu'ils doivent aborder.

Le journalisme politique peut être aussi perçu comme une sorte de quatrième pouvoir puisqu'il permet aux lecteurs et aux téléspectateurs de se forger un esprit critique sur la situation politique en France comme dans le monde.

Enfin la question des réseaux sociaux parfois vecteurs de "fake news" ( ou infox) a été abordée. Ces derniers, dans la mesure où ils sont ouverts à tous, professionnels ou non, constituent parfois une menace pour la qualité de l'information. Rappelons à cet égard qu'un journaliste professionnel se doit de vérifier une information auprès de trois sources distinctes avant de la diffuser et s'attache à respecter les règles déontologiques de la profession.

Très intéressant et très instructif, cette rencontre nous a permis d'en savoir plus sur la profession de journaliste politique et les problématiques liées à son exercice.

Myriam BAOUI