Ce soir...

Ce soir, je suis profondément choquée, attristée, révoltée. Choquée par cette horreur, par un tel manque d’humanité, par un acte de monstruosité. Attristée car je pense aux victimes, à leurs familles. Car personne ne peut s’octroyer le droit d’ôter la vie à qui que ce soit. Car elle est trop courte, trop précieuse. Révoltée car mon pays est touché. Car on veut éteindre nos valeurs, nos principes, notre bonheur, ce que nous sommes. Ce soir, de nombreuses personnes ont perdu un frère, une sœur, une fille, un père, une meilleure amie… Je prie pour eux car, au fond, cela nous touche tous. Car ça aurait pu être moi, un ami, un parent… Les yeux mouillés, la boule au ventre, la gorge nouée, Ce soir, je suis dans l’incompréhension, dans la colère. Pourquoi ? Que vous avaient-ils fait ? Au nom de quoi ? Sûrement pas de la religion. Prétexte. En colère contre ces monstres. Ils n’avaient pas le droit, ils ne devraient pas exister. Mais aussi en colère contre l’indifférence de certains, par la stupidité d’autres. Ce soir, je n’ai pas le cœur à m’amuser, je me promets de ne pas oublier. Mais je n’ai pas peur, ils ne nous enlèveront pas notre joie de vivre, notre envie de nous amuser. Prendre un verre au bar, aller à un spectacle, nous balader un jour ensoleillé… Voilà notre unité. Ce soir, je suis touchée par la solidarité de la France, du monde entier. Ce soir, nous prenons conscience que nous sommes en guerre, celle que nous avons étudiée. Sous une autre forme, certes, peut-être même pire. Jamais je n’aurais pensé la vivre. Jamais je n’aurais pensé que mon avenir, mes projets, ma vie ou celle de mes proches puissent partir en fumée du jour au lendemain. Je n’ai pas assez de mots pour décrire mon ressenti, mais j’ai besoin d’exprimer ma peine, ma colère, mon étonnement. Car jamais je ne me suis trouvée dans cet état. Alors ce soir, je prie pour ma famille, pour mon pays, pour que cette violence s’arrête, pour la paix. Ce soir, je suis en deuil avec la France.

Amandine Jardin