Deux regards sur le dernier film de Kechiche...

En mars 2018 sortait le dernier film d'Abdellatif Kechiche Mektoub my love : canto uno. Réalisateur de L'Esquive et de La Graine et le Mulet et aussi de La Vie d'Adèle en 2013, Kechiche est connu pour ses longues scènes réalistes, proches de la "vrai vie", comme tirées d'un documentaire. Ses tournages sont réputés pour leurs conditions difficiles et leur "répétitivités". Le réalisateur n'a pas peur d'en tirer des longs-métrages de trois heures. Voici deux points de vue différents sur son dernier film. Marie : " Moi qui aimait ce réalisateur pour sa manière de filmer les moments de la vie comme si on y était, de faire des gros plans sur des visages non retouchés, j'ai été déçue! A vrai dire, je ne pourrais même pas vous faire un résumer du film... J'ai quitté la salle à la moitié de la projection. D'après ce que j'ai compris, un jeune étudiant retourne chez lui, dans un pays ensoleillé (le réalisateur s'en est bien servi) et il rencontre deux jeunes femmes qu'il présente à ses amis. Ils vont à la plage et fréquentent des bars. Voilà! J'ai trouvé que les dialogues étaient longs et creux. De plus la nudité des jeunes femmes était tellement présente à l'écran que cela en devenait lourd. Je pense que ce réalisateur est vraiment à part. Habituellement, j'admire pourtant son travail." Sandra : "J'ai adoré ! C'est super réaliste, il faut voir ce film comme un documentaire. J'avoue que parfois il aurait pu s'abstenir de certains plans qui montrent les corps nus des femmes mais en réalité il ne montre que la beauté du corps féminin. Je n'ai pas vu les trois heures passer. L'histoire est globalement dramatique et subtile ; elle montre un moment de la vie de ces jeunes, comme si on était avec eux. En plus les acteurs sont supers naturels, comme s'ils jouaient leurs propres rôles."

Marie DESTOMBES

Les Césars 2018 en quelques points...

Le 2 mars dernier s'est déroulée Salle Pleyel la 43ème Cérémonie des Césars. Le JDL vous propose de jeter un rapide coup d'œil aux différents événements qui ont animé cette soirée, présentée par Manu Payet et par Vanessa Paradis. Comme lors des Golden Globes, toutes les célébrités (ou presque) présentes arboraient un petit ruban blanc sur leurs tenues, symbole de la mobilisation du Cinéma français contre les violences sexistes ou sexuelles faites aux femmes. Tout au long de la soirée la cérémonie a rendu hommage aux icônes françaises décédées cette année telles que Johnny Hallyday, Mireille Darc, Jeanne Moreau ou encore Jean Rochefort. Sur l’écran ont défilé des extraits de films dans lesquels ils ont joué et aussi les portraits de beaucoup d’autres artistes de cinéma moins connus qui s’en sont allés cette année. Bien sûr, le présentateur a eu  une pensée à France Gall. Du nouveau ! Pour la première fois, l’avis du public a été pris en compte et c’est la comédie Raid Dingue  de Dany Boon avec 4,5 millions d’entrées qui a remporté ce prix. Enfin voici quelques nominations qui ont été récompensées :

  • Meilleur espoir masculin : Nahuel Perez Biscayart.
  • Meilleur espoir féminin : Camélia Jordana
  • Meilleur scénario original : Robin Campillo
  • Meilleur film étranger : Faute d’amour
  • Meilleur film : 120 Battements par minute, qui a remporté également six autres récompenses (montage, espoir, musique, scénario original, second rôle). Autrement dit, le grand vainqueur de la soirée...

Marie DESTOMBES

M le maudit : une tragédie moderne !

Résultat de recherche d'images pour "m le maudit"En janvier dernier, dans le cadre du projet "Lycéens au cinéma", plusieurs classes de Schuman dont la 1ère L se sont à nouveau rendues aux Cinémas du Palais de Créteil pour voir cette fois-ci M le maudit, un grand classique signé Fritz Lang sorti en 1931. L'histoire se déroule dans une ville allemande où la terreur règne a cause d'un tueur d'enfants inconnu : M le maudit interprété par Peter Lorre... __________________________________________ On peut diviser le film en trois parties distinctes : les meurtres du tueur d'enfants, son identification et sa traque et enfin son jugement. Au début du film, une mère attend sa fille qui doit rentrer de l'école pour lui faire à manger...Au bout de quelques minutes, elle n'est toujours pas là et on apprend que le tueur d'enfants a encore frappé. C'est avec ce début que l'intrigue du film va se mettre en place. Le tueur a pour habitude de siffler lorsqu'il se trouve avec une potentielle victime. C'est lorsqu'il va acheter des ballons pour l'enfant qu'il se prépare à tuer que le vendeur, un mendiant aveugle, va découvrir son identité. Le mendiant s'empresse de prévenir quelqu’un pour l'informer qu'il a découvert le tueur. Il va ainsi être pris en chasse par un habitant qui va le marquer d'un "M" sur l'épaule droite de son manteau. Le tueur va être ensuite pris en chasse à la fois par la police et par des organisations qui veulent le capturer pour le tuer à cause des ses péchés. Peter Lorre interprète à la perfection le rôle du tueur. On a l'impression qu'il agit de manière naturelle dans son rôle, il en est complètement imprégné. Fritz Lang alterne scènes muettes et scènes remplies de dialogues dynamiques et crée des changements brusques de plans, un peu comme si nous étions "tendus". Le spectateur peut ainsi mieux ressentir l'ambiance générale dans laquelle il reste constamment plongé. Le tueur finit par être capturé par des citoyens qui veulent tous sa mort mais la police arrive à temps pour éviter un lynchage consécutif à un simulacre de procès et le faire passer devant un tribunal légal. Le film se conclut par la morale d'une mère victime du tueur : "nous devrions mieux surveiller nos enfants". Ce film est une réelle réussite : Fritz Lang a su bouleverser les codes de son époque, en proposant une oeuvre à la fois malveillante et presque violente, tout en nous transmettant une morale à la fin.

Gabriel FERRIGNO