"Tu ne ne tueras point" : pour ou contre?

Image associée Sorti en salle en 2016, Tu ne tueras point marque le retour à la réalisation de Mel Gibson, après 10 ans d'absence des plateaux. Si la dernière production du cinéaste a été lauréate de deux Oscars, cela ne l'a pas empêché de diviser la critique, car Tu ne tueras point est un film sur la foi et la violence, des thèmes avec lesquels Gibson avait déjà créé la polémique dans La Passion du ChristDeux membres de la rédaction confrontent ici leurs avis opposés. Pour : Une histoire puissante centrée sur Desmond Doss, idéaliste et objecteur de conscience porté par ses convictions mais néanmoins désireux, au printemps 1942, de servir son pays alors plongé dans la Seconde Guerre mondiale. Divisé en deux parties distinctes, voilà un biopic percutant aussi bien dans le fond que dans la forme. Maîtrisant parfaitement l'art de la mise en scène, Mel Gibson ne nous lâche pas une seule seconde, ne nous offrant aucun répit avant le générique de fin. Après une première heure sympathique mais assez classique, Tu ne tueras point bascule inexorablement, devenant alors un film véritablement éprouvant, tant la dureté des images impressionne. Au milieu des scènes de carnage d’un réalisme saisissant qui rappellent le débarquement du Soldat Ryan, la volonté de Desmond de porter assistance à son prochain est profondément inspirante.

Tom GUAQUIERE

Contre : Le principal problème de Tu ne tueras point réside dans son personnage principal, Desmond Doss, interprété par Andrew Garfield. S'il est inspiré du véritable soldat homonyme, il est ici représenté comme un personnage simpliste, défini uniquement par sa foi et sa fonction dans le récit. Andrew Garfield n'aide pas en l'interprétant de façon très niaise. Après une première heure interminable nous présentant la vie idyllique de Desmond dans une Amérique idéalisée, le film passe par la case "formation militaire" déjà vue et revue dans de nombreux films. L'histoire ne décolle vraiment que dans son dernier acte, lors de scènes de guerre. Il faut reconnaître que les combats sont réellement percutants, voir choquants de par leur réalisme et que Mel Gibson réussit son pari de nous immerger dans la peau des soldats servant de chair à canon. Malheureusement le spectacle est gâché par un ennemi japonais déshumanisé et par les miracles accomplis par Desmond qui en deviennent presque ridicules, à cause d'une figure christique beaucoup trop appuyée.

François FAVÉ