"C'est à moi qu'tu parles?"

Article réalisé par Maeva GIULIANI et Marie DESTOMBES Le lundi 20 novembre dernier, les lycéens de Schuman ont eu l'occasion de se réunir une deuxième fois au Ciné-Club du lycée en salle de l'Europe. A l'écran : La Haine de Mathieu Kassovitz., un film culte qui nous montre une jeunesse française révoltée dans les années 1990. L'histoire se déroule le lendemain de conflits entre des jeunes et la police dans une cité. Trois amis, Vinz (Vincent Cassel), Saïd (Saïd Taghmaoui) et Hubert (Hubert Koundé)  décident de se révolter contre des policiers qui avaient gravement blessé un de leurs meilleurs amis, Abdel-Aziz Shokair.  Alors qu'un policier a malencontreusement égaré son revolver,  Vinz se retrouve en possession de celui-ci. Poussé par la vengeance, il ne manque pas de nous étonner. Voici l'avis de quelques élèves présents lors de la diffusion du film : Hasna : "Je m'attendais à quelque chose de moins dramatique. La fin m'a choqué et cela d'autant plus que l'histoire se déroule sur une seule journée." Marie : "J'ai trouvé amusant le contraste entre la fin du film (tragique) et le fait de se réunir ensuite autour d'un goûter. Cela sera encore plus amusant lors de la prochaine séance car nous entamons le cycle "Horreur" par la projection du film Conjuring  de James Wan,  le lundi 18 décembre."

Les "Années Folles", selon Albert Dupontel

Au revoir là-haut est une comédie dramatique française coécrite et réalisée par Albert Dupontel, sortie en octobre 2017. Il s'agit d'une adaptation du roman de Pierre Lemaitre qui lui a valu le Prix Goncourt en 2013. Le film nous fait revivre les temps de la Première Guerre Mondiale et des "Années Folles" et nous montre une face cachée de la société de cette époque. Peu après la Première Guerre Mondiale, en Novembre 1920, Albert Maillard, ancien soldat de cette première guerre, se rend au Maroc pour y être interrogé par un officier de la gendarmerie française à propos de sa participation au front et de ses aventures avec son plus proche frère d'arme : Édouard Péricourt. Nous allons découvrir à travers le récit d’Albert Maillard comment lui et son compagnon ont réussi à monter une arnaque aux monuments aux morts à son époque. Bien que le jeune Edouard Péricourt soit ressorti vivant de cette guerre, il n'en est pas indemne. Il devient ce qu'on appelle une "gueule cassée" avec une partie de la mâchoire en moins. A travers un travail remarquable de direction artistique, Albert Dupontel met en scène une multitude de masques, qui jouent un rôle à la fois réparateur pour sa mâchoire mais qui apportent également une façon de retrouver un semblant de nouvelle vie.

Après avoir perdu une partie de son humanité physique (sa mâchoire), Edouart Péricourt prend une tournure comique car il arnaque la société avec de faux monuments aux morts qu'il va vendre sans jamais les réaliser. Tout cela en quelque sorte sur le dos de ses nombreux camarades morts au combat. Il devient un escroc pour son pays, tout en étant une personne anonyme sous ses nombreux masques, rappelant le fait qu'il a combattu au front et qu'il est toujours présent. Albert Dupontel réussit à nous donner unevision comique des "Années Folles", en nous rappelant à la perfection l'horreur qu'a été cette guerre au travers de scènes dramatiques jouées par différents personnages, secondaires ou principaux.

Gabriel FERRIGNO

"Tu ne ne tueras point" : pour ou contre?

Image associée Sorti en salle en 2016, Tu ne tueras point marque le retour à la réalisation de Mel Gibson, après 10 ans d'absence des plateaux. Si la dernière production du cinéaste a été lauréate de deux Oscars, cela ne l'a pas empêché de diviser la critique, car Tu ne tueras point est un film sur la foi et la violence, des thèmes avec lesquels Gibson avait déjà créé la polémique dans La Passion du ChristDeux membres de la rédaction confrontent ici leurs avis opposés. Pour : Une histoire puissante centrée sur Desmond Doss, idéaliste et objecteur de conscience porté par ses convictions mais néanmoins désireux, au printemps 1942, de servir son pays alors plongé dans la Seconde Guerre mondiale. Divisé en deux parties distinctes, voilà un biopic percutant aussi bien dans le fond que dans la forme. Maîtrisant parfaitement l'art de la mise en scène, Mel Gibson ne nous lâche pas une seule seconde, ne nous offrant aucun répit avant le générique de fin. Après une première heure sympathique mais assez classique, Tu ne tueras point bascule inexorablement, devenant alors un film véritablement éprouvant, tant la dureté des images impressionne. Au milieu des scènes de carnage d’un réalisme saisissant qui rappellent le débarquement du Soldat Ryan, la volonté de Desmond de porter assistance à son prochain est profondément inspirante.

Tom GUAQUIERE

Contre : Le principal problème de Tu ne tueras point réside dans son personnage principal, Desmond Doss, interprété par Andrew Garfield. S'il est inspiré du véritable soldat homonyme, il est ici représenté comme un personnage simpliste, défini uniquement par sa foi et sa fonction dans le récit. Andrew Garfield n'aide pas en l'interprétant de façon très niaise. Après une première heure interminable nous présentant la vie idyllique de Desmond dans une Amérique idéalisée, le film passe par la case "formation militaire" déjà vue et revue dans de nombreux films. L'histoire ne décolle vraiment que dans son dernier acte, lors de scènes de guerre. Il faut reconnaître que les combats sont réellement percutants, voir choquants de par leur réalisme et que Mel Gibson réussit son pari de nous immerger dans la peau des soldats servant de chair à canon. Malheureusement le spectacle est gâché par un ennemi japonais déshumanisé et par les miracles accomplis par Desmond qui en deviennent presque ridicules, à cause d'une figure christique beaucoup trop appuyée.

François FAVÉ